commune_du_pncA la fin du XIXème siècle, la prise de conscience de la nécessité de protéger les grands paysages des Causses et des Cévennes, est à l’origine de l’idée de la création d’un parc national, suggérée dès 1913 par E.A Martel et le « Club cévenol ».

mont-lozere-cevennesVers 1955, l’idée renaît, suite à un exode rural important menaçant l’identité même du pays. Pour revaloriser une nature et des paysages profondément façonnés par l’homme, le Conseil général de la Lozère, l’administration de l’Etat, et quelques fortes personnalités locales unissent leurs efforts pour obtenir la création d’un parc national.

Le Parc national des Cévennes a été créé le 2 septembre 1970. Il s’étend donc sur deux régions : le Languedoc-Rousillon et Rhône-Alpes. Son siège se trouve à Florac, dans le château éponyme.

Le Parc national des Cévennes présente plusieurs particularités qui le distinguent des autres parcs nationaux français : c’est le seul parc national français situé en moyenne montagne, le seul parc national métropolitain dont le cœur est habité et exploité par des résidents permanents et le seul où la pratique de la chasse est maintenue (réglementation différente du droit général de la chasse en France) y compris dans sa partie centrale afin d’assurer la préservation de l’équilibre agro-sylvo-cynégétique.

 

 

 

Le territoire

 

Cévennes, Mont Lozère, Aigoual-Lingas, Causses et Gorges … Le territoire du Parc national des Cévennes est pluriel. Pluriel par sa géographie, par sa population et son organisation institutionnelle.

Espace de transition entre le Massif central et la plaine languedocienne, le Parc national des Cévennes présente une géographie physique marquée par le relief, la géologie, l’hydrographie et le climat.

 

La géographie

 

La topographie n’est pas homogène sur l’ensemble du parc. L’altitude du parc varie de 378 m (Vallée Française) à 1 699 m au pic de Finiels (mont Lozère).

 On distingue nettement trois grandes régions naturelles :

 

les Hautes Cévennes s’organisent autour des massifs dont l’altitude caussesest supérieure à 1 250 mètres : mont Lozère et Bougès au nord-est, Aigoual et Lingas au sud-ouest, le tout dominé par les massifs granitiques.

 

 

 

desert-rural-1les vallées cévenoles où alternent crêtes étroites et vallées profondes et encaissées se développent de 200 à 1 000 mètres. C’est le schiste qui y règnent.

 

 

 

 

les Causses, vaste plateau calcaire compris entre 750 mètres et 1 250 maisons-caussesmètres d’altitude, sont entrecoupées de gorges profondes (Jonte, Tarn) et des systèmes de perte et résurgence (Bramabiau).

 

 

 

 

 

 

 

L’hydrographie se répartit en deux systèmes : le versant méditerranéen et le versant atlantique. D’importance à peu près égale, ces deux versants sont séparés par une ligne de partage des eaux orientée sud-ouest nord-est passant par les plus hauts sommets du territoire du parc.

Le climat des Cévennes est méditerranéen et progressivement montagnard en fonction de l’altitude. Il se caractérise par de fortes précipitations aux équinoxes et une sécheresse estivale importante. Le gradient des précipitations annuelles est très fort depuis Alès (1 100 mm environ) jusqu’au mont Lozère (plus de 2 000 mm) soit près de 1 000 mm en une trentaine de kilomètres.

3-Rivière-en-cru-Anne-Petit-1024x768Les Cévennes sont le théâtre des épisodes cévenols : ce sont des pluies diluviennes accompagnées d’orages très localisés et concentrées sur quelques heures, voire quelques jours. Elles sont principalement dues à la rencontre entre l’air froid venant de l’Atlantique qui est remonté sur les sommets des Cévennes et l’air chaud remontant de la Méditerranée.

En raison de leur soudaineté, de leur violence et de la géographie locale, ces épisodes conduisent souvent à des inondations parfois dramatiques (1890, 1907, 1958, 2002, 2003, 2011, 2014…).

 

 

Le territoire institutionnel

 

Le nouveau Parc national des Cévennes s’étend sur trois départements, la Lozère (en majorité), le Gard et l’Ardèche ce qui représente 152 communes, plus d’une vingtaine de communautés de communes et une communauté d’agglomération. et surtout près de 76 000 habitants.

Le parc national est constitué de deux zones : le cœur et l’aire d’adhésion.

Le cœur est le joyau du parc, le territoire exceptionnel que l’on veut et doit préserver pour le transmettre aux générations futures, et sur lequel s’exerce une réglementation spécifique.

L’aire d’adhésion (Vialas en faisant partie par son adhésion à la nouvelle charte du parc) recouvre des territoires ayant une grande proximité à la fois bio-géographique et culturelle avec le cœur.

Par son adhésion, la commune s’engage à respecter les orientations définies par la charte, à concourir aux objectifs et à mettre en œuvre les mesures et les actions préconisées en fonction de ses domaines de compétences ou d’intervention.

Concrètement cela se traduira pour les communes par :

– l’obligation de rendre compatibles leurs documents d’urbanisme avec la charte, et d’associer le Parc national des Cévennes à l’élaboration de ces documents ;

– l’obligation d’établir un plan local de publicité (zones de publicité restreintes) ; à défaut, la publicité sera interdite dans les agglomérations ;

– l’obligation de formaliser un plan de circulation des véhicules motorisés sur les pistes et itinéraires de montagne conformément à la loi de 1991 sur la circulation des véhicules à moteur dans les espaces naturels.

 

La géographie humaine

 

Les bourgs et les villages principaux sont systématiquement implantés en fond de vallée.

Le parc abrite une population de plus de 76 000 habitants. Leur répartition  est contrastée :

zones rurales à faible densité (moins de dix habitants au kilomètre carré). Vingt-cinq pour-cent de la population se répartissent sur 60% du territoire.

secteurs sous influence urbaine sur un arc sud-ouest nord-est sud allant du Vigan aux Vans. Cette « banane » correspond aux vallées méditerranéennes les plus ouvertes sur la plaine languedocienne et ayant connu un développement industriel basé en premier lieu sur la soie, puis, pour partie, sur les mines.

Implanté dans une région peu peuplée et soumise pendant plus d’un siècle à un exode intense, le parc connaît désormais une dynamique migratoire positive, amorcée dans les années 90 et presque aussi forte que celle de la région Languedoc-Roussillon dans son ensemble.

 

 

Un patrimoine d’exception

 

Mémoire et culture

 

Profondément marqué par l’homme et son histoire, le territoire du Parc des Cévennes recèle une culture et une mémoire d’une extrême richesse. Elles s’expriment tant dans la tradition orale (occitane ou française) et une littérature particulièrement abondante dans ce pays du livre, qu’au travers des savoir-faire traditionnels du quotidien, liés au travail de la pierre sèche ou de la soie, à la culture du châtaignier ou de l’oignon doux, au pélardon…

 

L’architecture

 

Le Parc national des Cévennes compte dans sa zone cœur 250 lieux-dits habités et plus d’un millier de bâtiments à usage agricole.

Ce patrimoine exceptionnel, typique de la civilisation agricole du sud Lozère et des Cévennes gardoises, a été principalement façonné par trois roches : le granite, le schiste et le calcaire :

Les-Bouzèdes-1-JPV-1024x683les constructions du mont Lozèrefrappent par leurs façades à l’appareillage massif fait de lourds blocs de granite. Certains d’entre eux, à peine équarris ou bien taillés avec soin, pèsent près d’une tonne. Les bâtiments, à l’aspect trapu et aux ouvertures rares et de taille réduite, ont l’aspect de forteresses.

castagnols-1dans les vallées cévenoles, les maisons de schiste sont hautes et étroites. Elevées sans fondations, à même le rocher préalablement taillé, à l’aide de matériaux extraits sur place, les constructions sont particulièrement intégrées à leur environnement.

 

 

 

 

– un environnement pauvre et contraignant, où le bois d’œuvre et l’eau maisons-caussesde pluie sont des biens précieux, a conduit les caussenards à créer une architecture typée. Fondée sur l’utilisation du seul matériau disponible, la pierre calcaire, omniprésente dans le bâti, elle utilise un mode de construction sur voûtes.

 

 

 

Les petits bâtis annexes

 

clèdesMurets en terrasses, clèdes, clochers de tourmente, aires à battre… Le petit bâti que l’on trouve à proximité des habitations ou dans le paysage, et qui est en lien avec l’activité humaine, participe du patrimoine architectural. La technique principale utilisée pour leur construction ou restauration est celle de la pierre sèche.

La pierre sèche en Cévennes est intimement liée aux terrasses de culture, qui contribuent à la qualité des paysages. Ces espaces ont été pour la plupart délaissés à la suite de décennies d’exode rural. Mais leur abandon n’est pas inéluctable et on assiste depuis quelques années à un mouvement de reconquête.

 

La faune

 

La faune du Parc national des Cévennes est extrêmement diversifiée. Plus de 2 400 espèces ont été répertoriées. On y trouve des espèces aussi bien méditerranéennes que continentales ou alpines ; forestières, steppiques, rupestres ou liées aux milieux humides.

 

La richesse de la faune du Parc national est caractérisée par la présence de 70 espèces de mammifères (sur 135 en France), 195 espèces d’oiseaux (dont 135 nicheuses), 16 espèces d’amphibiens, 15 espèces de reptiles, 23 espèces de poissons et plus de 2 000 espèces d’invertébrés (dont 1 824 d’insectes). Ainsi :

 

– l’élément le plus marquant de ces dernières décennies concernant lescerf1mammifères en France, et en Cévennes, est la réapparition des espèces de grande taille. Si le retour des ongulés (sanglier, cerf, chevreuil, mouflon, et pour les massifs autres que les Cévennes, chamois et bouquetins) est le fait d’une action volontariste de l’homme, celui de carnivores comme la loutre, le loup et le lynx résulte d’une expansion spontanée de ces espèces.

 

Vautour-fauve_lightboxla faune des oiseaux du Parc national se caractérise par une très grande richesse dans deux groupes particuliers : les rapaces (avec 27 espèces, dont 3 de vautours) et les oiseaux des milieux ouverts liés notamment au paysage extrêmement particulier des vastes pelouses des causses et des sommets.

 

 

 

 

 

 

 

 

– bien que riche de plus de 2 000 espèces, l’inventaire des invertébrés du Parc est loin d’être achevé et doit être poursuivi. L’étagement de ce territoire, du piémont méditerranéen aux sommets de Lozère et de l’Aigoual,et la grande diversité des milieux sont à l’origine de cette richesse exceptionnelle.

 

 

La flore

 

Si les Cévennes ont attiré plusieurs générations de botanistes pour la richesse de leur flore, elles sont aujourd’hui sous-prospectées. Le Parc national s’efforce de mieux connaître cette flore, notamment les espèces protégées. Il s’appuie sur le réseau des botanistes bénévoles, et travaille en collaboration avec le Conservatoire botanique national méditerranéen de Porquerolles et celui du Massif central.

Flore-3-YA-1024x686La flore vasculaire (plantes à fleurs et fougères) avec environ 2 300 espèces végétales  répertoriées dans le Parc national des Cévennes, dont 24 sont endémiques (uniques au monde)

 

 

 

Fruits-4-S_Barberio-1024x683La flore non vasculaire (mousse, lichens, champignons et algues)pour laquelle sans inventaire exhaustif, les spécialistes avancent que le Parc abrite jusqu’à 500 espèces de bryophytes ( mousses) , 1 000 de lichens, 1 500 de macromycètes (champignons constitués de sporophores comme le cèpe) et 4 000 de micromycètes (champignons sans sporophore est presque invisible(- de 2 mm).

 

 

Les activités économiques

 

En parallèle de la préservation de la valeur écologique et patrimoniale, le parc travaille au maintien d’une économie dynamique sur son territoire. Cette dimension passe par une relation étroite avec les acteurs du secteur agricole et pastorale, ceux du tourisme, et ceux de la sylviculture.

 

L’agriculture et le pastoralisme

 

La-politique-agricole-du-Parc-national_mediumLes activités agricoles et pastorales contribuent à la préservation des milieux ouverts de haute valeur patrimoniale, de la qualité des paysages et de la biodiversité. Permettre le maintien d’une agriculture dynamique sans sacrifier la valeur écologique et patrimoniale du Parc national des Cévennes constitue un enjeu majeur. On dénombre environ 400 exploitations agricoles travaillant dans la zone cœur du Parc.

 

La sylviculture

 

Couvrant plus de 45% du territoire lozérien, la forêt contribue images-31significativement à l’économie locale. La filière bois génère de nombreux emplois directs et indirects. En outre, les forêts sont gérées pour leur rôle de protection et de lutte contre l’érosion. Sans remettre en cause ces vocations, le Parc national travaille à garantir une prise en compte de la biodiversité et des paysages dans les actions de gestion sylvicole.

 

Le tourisme

 

images-16Le tourisme est, avec l’agriculture, l’un des piliers de l’économie en Cévennes. L’espace naturel exceptionnel du parc se prête à de multiples activités de pleine nature : randonnées pédestre, équestre, cyclo, VTT ; sports de rivière ; ski… La découverte d’une faune sauvage, les grands sites naturels – les gorges du Tarn, l’Aven Armand, le chaos de Nîmes le Vieux…- constituent des atouts majeurs.

Son développement a été aidé par la reconnaissance du Parc National à travers les réserves de biosphère et les sites inscrits sur la liste du patrimoine mondial.Ainsi :

– En 1985, la qualité de ses sites humanisés, l’équilibre particulier entre l’homme et une nature aménagée depuis des siècles par les générations successives, et le souci d’associer protection et développement ont valu au Parc national des Cévennes d’être désigné par l’Unesco comme « réserve de biosphère », au titre du programme Man and biosphere (Mab).

 

– En 2011, ce sont les paysages culturels agropastoraux méditerranéens des Causses et des Cévennes qui ont été inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. La valeur universelle de l’expression dans l’espace des pratiques d’élevage multiséculaires de ces territoires est ainsi reconnue, de même que les savoir-faire et les traditions associés.